SETCa > 50 mesures qui font mal > + de 50 ans et prépensionnés

18/11/2016 12:49 Imprimer

Des hommes et des femmes d’expérience ? Le gouvernement et les patrons n’aiment pas ça. C’est pour cela qu’ils ont pensé à tout un attirail de mesures pour les mater.

 

Attaques à l’encontre des périodes assimilées pour la pension. Relèvement de l’âge légal de la pension à 66 ans (en 2025) et à 67 ans (en 2030). RCC (anciennement prépension) : +2 ans sur la plupart des conditions d’âge de carrière. Conditions d’accès plus strictes pour la pension anticipée : avoir au moins 63 ans et une carrière professionnelle de 42 ans. Relèvement de l’âge minimum pour le crédit-temps fin de carrière de 55 ans à 60 ans. Suppression du complément d’ancienneté pour les nouveaux chômeurs âgés. Contrôle de disponibilité adaptée jusqu’à l’âge de 65 ans. Suppression du bonus pension. Révision de la garantie de rendement des pensions complémentaire : désormais un taux variable et révisable chaque année au lieu d’un taux minimum fixe. Augmentation des cotisations patronales sur les RCC et crédit-temps, qui deviennent donc moins intéressants pour les employeurs...

Chapitre 4 : le chômage

Le Gouvernement et le patronat semblent vouloir mettre les chômeurs à genoux pour les forcer ainsi à continuer à chercher du travail, coûte que coûte. Quitte à accepter des conditions de travail déplorables. Une manière pernicieuse de tirer le marché de l’emploi vers le bas.

31. Suppression du complément d'ancienneté pour les nouveaux chômeurs âgés

Le complément d’ancienneté était un montant (une allocation) que le travailleur recevait à partir d’un certain âge, en complément de son allocation de chômage ordinaire s’il pouvait prouver, entre autres, une carrière suffisante (ancienneté). Le chômeur âgé recevait cette allocation après 1 an de chômage. Le système a été supprimé au 1er janvier 2015. Seuls les chômeurs qui ont réellement bénéficié de ce complément en 2014 y ont encore droit après le 1er janvier 2015.

32. Contrôle de disponibilité adaptée jusqu’à l’âge de 65 ans

Les chômeurs avec complément d’entreprise (anciennement prépensionnés) doivent rester disponibles de manière adaptée jusqu’à l’âge de 65 ans sauf exceptions. Pour les chômeurs complets, ceux-ci doivent être disponibles de manière adaptée à partir de l’âge de 60 ans sauf exceptions. Mais qu’entend-t-on par disponibilité adaptée ? Vous ne devez plus rechercher activement un emploi et vous ne devez plus remplir votre carte de pointage MAIS vous devez rester disponible sur le marché de l’emploi et ne pouvez pas refuser un emploi proposé. Une autre façon pour mettre la pression sur les chômeurs âgés.

Chapitre 5 : les fins de carrière

Ce gouvernement introduit de très nombreuses mesures pour vous garder plus longtemps au travail. Il affirme à cet égard que c’est nécessaire pour sécuriser les pensions également à l’avenir. Comme toujours, la facture est exclusivement à charge des travailleurs : plus longtemps au travail, pension plus faible et démantèlement des ‘emplois d’atterrissage’, qui pourtant permettent rester plus longtemps au travail. Bien qu’il soit exact que le coût de la pension augmente pour la société, il n’est pas question d’une « avalanche ». Les économistes et politiciens de droite s’en servent comme échappatoire pour couper dans les droits sociaux des travailleurs, alors que les pensions en Belgique font déjà partie des plus faibles d’Europe. Est-ce d’ailleurs trop demander que de pouvoir profiter de la dernière période de sa vie en bonne santé dans une société moderne ? Oh ! et à propos… travailler plus longtemps, dans quels jobs déjà ?

39. Relèvement de l’âge de la pension : travailler jusqu’à 67 ans

Avant les élections, aucun parti ne voulait relever l’âge de la pension. Après les élections, les partis du gouvernement Michel ont décidé de le relever à 67 ans. En 2025, il faudra travailler jusqu’à 66 ans et à partir de 2030, jusqu’à 67 ans. En bref, les travailleurs pourront profiter moins longtemps de leur pension, parce qu’à 65 ans, l’on a encore en moyenne environ 11 années à vivre en bonne santé (cette donnée change à peine). En relevant l’âge de deux ans, le Gouvernement vous prend donc un cinquième de ces années restantes en bonne santé.

40. Démantèlement du bonus-pension

Voilà une preuve évidente que ce Gouvernement préfère punir plutôt que récompenser. Autrefois, à partir de 62 ans ou après une carrière de 44 ans, vous receviez un bonus-pension de € 2,34 par jour supplémentaire de travail. Pour celui qui continuait de travailler jusque 65 ans, cela pouvait donc représenter € 179,4 par mois. Ce bonus est complètement supprimé depuis le 1er janvier 2015.

41. Pension anticipée : toujours plus difficile

Seules les personnes ayant commencé à travailler très jeunes pourront encore bénéficier d’une pension anticipée. À partir de 2019, vous pourrez encore partir à 60 ans si vous avez travaillé 44 ans et à 61 ans, si vous vous avez travaillé 43 ans. Pour tous les autres travailleurs, la pension anticipée ne sera plus possible qu’à partir de 63 ans, moyennant une carrière de 42 ans.

42. Travail faisable en fin de carrière ? Oubliez…

Afin de pouvoir travailler plus longtemps, il existe ce que l’on appelle les « emplois d’atterrissage ». Il s’agit en fait d’une forme spécifique de crédit-temps 1/5 ou 1/2 (avec une allocation) que l’on peut prendre jusqu’à la pension (anticipée). Jusqu’il y a peu, il était possible d’entrer dans ce système à partir de 55 ans. Le Gouvernement a porté cet âge à 60 ans (sauf pour les métiers lourds, carrières longues et en cas de restructuration). Il n’existe donc plus aucune mesure spécifique permettant d’alléger la charge de travail et ainsi de travailler plus longtemps avant l’âge de 60 ans.

43. Plus âgé et licencié ? Fini les échappatoires

Le Gouvernement avait déjà limité l’accès au RCC (l’ancienne prépension). L’entrée générale dans le régime ne pourra à l’avenir se faire qu’à partir de 62 ans, et même pour les exceptions sociales (très longue carrière, carrière avec du travail lourd/de nuit et entreprises en restructuration), l’âge d’entrée passera de 56 à 58 ans. Le Gouvernement a renforcé la disponibilité des travailleurs en RCC(voir mesure 32).Le coût de la prépension augmente également pour les entreprises. En bref, les travailleurs âgés licenciés deviendront désormais de « simples » chômeurs. Même s’il n’y a pas de travail pour eux. À qui cela profite-t-il ? Aux entreprises, qui échappent à nouveau au paiement du complément de prépension, sans la moindre obligation envers les travailleurs âgés.

44. Chômeur ? Prépensionné ? La pension diminue !

À nouveau, le Gouvernement choisit le bâton, même pour ceux qui jouent de malchance. Les périodes de chômage à partir d’1 an (2e et 3e périodes) ou le RCC ne comptent désormais plus pour le montant final de la pension que sur la base du salaire minimum au lieu du dernier salaire. Cela peut arriver à tout le monde, il n’est pas exceptionnel de connaître quelques années de chômage, par exemple en fin de carrière. Pour l’employé moyen, la perte au niveau de la pension finale oscille entre € 402 (1 an) et € 2010 (5 ans) sur base annuelle. Cette mesure entrerait en vigueur en 2017, donc également pour les personnes prépensionnées aujourd’hui.

47. Veuve ou veuf ? Moindres droits à la pension de survie !

En tant que veuve ou veuf, vous pouvez actuellement bénéficier, dans certains cas, d’une pension de survie à partir de 45 ans. Le Gouvernement relèvera cet âge à 50 ans en 2025 et à 55 ans en 2030. En bref, les personnes actuellement dépendantes du revenu de leur partenaire devront se débrouiller seules à l’avenir si celui-ci/celle-ci venait malheureusement à décéder tôt.

48. Vous devez vous occuper vous-même de votre pension complémentaire

La logique de la pension complémentaire par le biais de votre emploi (2e pilier) est une logique collective: une épargne commune, payée par l’employeur. Le Gouvernement veut inverser cette logique et faire en sorte que les travailleurs individuels dans le système épargnent sur leur salaire. Cette mesure sape le principe de « solidarité » de la pension complémentaire et avantagera en pratique surtout les travailleurs ayant déjà une pension (complémentaire) élevée. Il existe déjà suffisamment de possibilités d’épargne individuelle (3e pilier, livret d’épargne, maison…). Nous regrettons par contre les mesures du gouvernement qui détricotent le premier pilier de pension (mesures 45 et suivantes)

49. Travailleur dans le Non-Marchand ? Les jours de dispense de prestations sont sur la sellette

Il s’agit des jours entrant dans la « Dispense de prestations de travail » (DPT) obtenue pour la CP 330 (hôpitaux et maisons de repos) en 2000 et 2005. Quelques centaines de milliers de travailleurs bénéficient ainsi de jours de congé supplémentaires à partir de 45 ans, dans des secteurs où l’on effectue un travail lourd. Le Gouvernement veut à présent supprimer ces jours pour une partie du personnel et les limiter pour d’autres catégories. Le travail en devient infaisable et il risque d’y avoir un dépeuplement dans un secteur en manque de bras.

50. Augmentation des cotisations patronales DECAVA

Le Gouvernement a décidé d’augmenter les cotisations patronales DECAVA à partir du 1er janvier 2016. Ce sont des cotisations spécifiques, payées par l’employeur et qui portent sur les compléments d'entreprise dans le cadre des RCC (ex-prépension) et les compléments aux allocations sociales des crédits-temps. En pratique, cela ne vous coûte, ni ne vous rapporte pas un rond. Par contre, cela coûte à l’employeur, pour qui le RCC et le crédit-temps deviennent encore un peu moins intéressants. But avoué de la mesure : « dissuader la sortie anticipée du marché du travail ».